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Le réflexe en 4 temps, et un cas pratique
Un cours de l'Académie : Arnaques, deepfakes et voix clonées : se protéger
Aller au quiz ↓Vous ne pouvez pas devenir expert en détection de deepfakes, et vous n'en avez pas besoin. Ce qui protège vraiment, c'est un réflexe simple, toujours le même, que vous appliquez dès qu'un message ou un appel vous demande d'agir. Il tient en quatre temps.
1. Stop
Dès que vous sentez monter l'urgence, la peur ou l'excitation, c'est le signal : vous vous arrêtez. Vous n'envoyez rien, vous ne cliquez sur rien, vous ne donnez aucun code. L'escroc a besoin que vous agissiez dans les minutes qui viennent ; vous, vous avez besoin de deux minutes de recul. Phrase utile : « Je te rappelle tout de suite. »
2. Vérifier par un autre canal
Ne vérifiez jamais avec les moyens que votre interlocuteur vous fournit. Le lien du SMS, le numéro donné au téléphone, l'adresse du mail : tout cela peut être contrôlé par l'escroc. Utilisez un canal que vous connaissez déjà : le numéro de votre répertoire, l'appli officielle de votre banque, le site dont vous tapez vous-même l'adresse, ou une visite en personne. Un appel suspect ? Raccrochez et rappelez. Un mail du « patron » ? Appelez-le sur son numéro habituel.
3. Ne jamais payer dans l'urgence
Aucune vraie urgence n'exige un paiement immédiat en carte prépayée, en cryptomonnaie ou par virement vers un compte inconnu. Ni votre banque, ni la police, ni un service public ne vous demanderont de « mettre ton argent à l'abri » en le déplaçant, ni de leur dicter un code reçu par SMS. Si on vous le demande, c'est une arnaque, quelle que soit la voix au bout du fil.
4. En parler
L'escroc mise sur le secret : « N'en parle à personne. » Faites exactement l'inverse. Racontez la situation à un proche, à un collègue, à votre banque. Un regard extérieur, qui n'est pas sous le coup de l'émotion, repère souvent l'arnaque en quelques secondes. Et si vous vous êtes fait piéger, en parler n'a rien de honteux : ces arnaques sont conçues par des professionnels pour piéger tout le monde.
Cas pratique
Mardi, 18 h. Votre téléphone sonne, et le numéro affiché est celui de votre banque. Une voix calme et professionnelle : « Bonjour, service des fraudes. Un paiement de 1 200 euros vient d'être tenté avec votre carte, à l'étranger. Pour le bloquer, je vais vous envoyer un code par SMS : lisez-le-moi pour confirmer l'annulation. Faites vite, l'opération sera validée dans dix minutes. »
- Stop : l'urgence (« dix minutes ») et la peur (« 1 200 euros ») sont là. C'est le signal.
- Vérifier par un autre canal : le numéro affiché ne prouve rien. Vous raccrochez, puis vous ouvrez l'appli de votre banque ou vous appelez le numéro inscrit au dos de votre carte.
- Ne jamais payer dans l'urgence : un code reçu par SMS sert à valider une opération, pas à l'annuler. Le lire à quelqu'un, c'est donner votre accord. Votre banque ne vous le demandera jamais.
- En parler : vous signalez la tentative à votre banque, et vous racontez l'appel à vos proches, surtout aux plus âgés, car ce scénario circule.
Résultat : aucune perte, et une personne de plus dans votre entourage qui connaît le piège.
À retenir
- Stop : l'urgence est un signal d'alarme, pas une raison d'agir.
- Vérifiez par un canal que vous connaissez déjà, jamais par celui qu'on vous donne.
- Aucun paiement, aucun code dans l'urgence, quelle que soit la voix.
- En parler casse le secret dont l'escroc a besoin.
Les notions clés
- réflexe
- vérifier
- urgence
- cas pratique
- arnaque
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