Aller au contenu

Gemini 3.5 Pro sortira-t-il un jour ? Le modèle le plus attendu de 2026 est toujours introuvable

Annoncé en mai pour juin, repoussé quatre fois, désormais soupçonné d'être abandonné. Pendant ce temps, Gemini franchit le milliard d'utilisateurs. Les deux faits ne se contredisent pas.

Espace publicitaire
L'essentiel en 30 secondes ⚡
Gemini 3.5 Pro a été annoncé le 19 mai 2026 pour une sortie en juin. Nous sommes mi-août, il n'est toujours pas disponible publiquement, aucune date n'est confirmée, et certains observateurs évoquent désormais un possible abandon au profit d'une future version. Pendant ce temps, Gemini a franchi le milliard d'utilisateurs mensuels. Ces deux faits racontent la même histoire.

Nous avions couvert ce dossier deux fois en juillet, puis nous l'avons laissé de côté alors qu'il continuait d'évoluer. C'est une erreur de suivi, et le sujet mérite une reprise complète, parce qu'il est devenu bien plus qu'une histoire de calendrier.

La chronologie, qui commence à être longue

Le 19 mai, à la conférence Google I/O, Sundar Pichai annonce la famille Gemini 3.5 et déclare que la version Pro arrivera le mois prochain. Une partie de l'audience laisse échapper un soupir, les promesses de dates de Google ayant déjà pris l'habitude de glisser.

Juin passe. Puis juillet, avec une date du 17 largement relayée, que nous avions couverte dans notre article de juillet. Cette date passe aussi. Nous sommes mi-août, et la situation n'a pas changé : aucun identifiant gemini-3.5-pro dans la documentation publique, aucune fiche technique, aucune grille tarifaire. Seul Gemini 3.5 Flash est sorti, ainsi que la génération 3.6 Flash que nous avions couverte fin juillet.

Un détail éclairant : Google a apparemment enregistré des noms de modèles Flash supplémentaires, ce que certains lisent comme des solutions de repli. L'hypothèse qui circule désormais est que le modèle Pro pourrait être purement abandonné au profit d'une future génération.

Ce qui bloque, selon les éléments disponibles

Les raisons rapportées convergent sur trois points, aucun n'étant officiellement confirmé par Google.

Un problème structurel. DeepMind aurait abandonné son modèle de base initial après avoir constaté des défaillances profondes, notamment sur l'appel d'outils récursif et la génération de graphiques vectoriels. Reprendre un pré-entraînement complet représente des semaines de calcul et des sommes considérables : on ne le fait pas pour un défaut mineur.

La fiabilité. Les rapports évoquent des taux d'hallucination et une régularité en conditions réelles en deçà des objectifs internes de Google.

Les départs. Plusieurs chercheurs seniors ayant travaillé sur l'architecture ont quitté l'entreprise, ce que nous relevions déjà dans notre premier article et qui semble s'être poursuivi.

Le paradoxe qu'il faut voir 📊
Pendant que le vaisseau amiral reste bloqué, Gemini a franchi le milliard d'utilisateurs actifs mensuels le 11 août. Ce n'est pas contradictoire, c'est révélateur : la distribution compte davantage que le modèle. Google place Gemini dans la recherche, dans Android, dans ses outils bureautiques, et bientôt dans Siri. Un utilisateur qui rencontre l'IA parce qu'elle est déjà là ne compare pas les benchmarks. C'est exactement l'enjeu que nous décrivions à propos de l'ouverture d'Android aux assistants concurrents : la bataille de l'interface se gagne indépendamment de celle des modèles.

Ce que ce dossier dit vraiment

Trois enseignements se dégagent, et ils dépassent le cas de Google.

Reprendre un entraînement complet est devenu concevable. Il y a deux ans, un tel retard aurait été impensable pour un acteur de cette taille. Que Google l'assume signale que la qualité passe désormais avant le calendrier, au moins dans ce cas précis. On peut y voir une forme de sérieux.

La communication par la date est un piège. Annoncer sur scène un produit non finalisé crée une dette de crédibilité qui se paie ensuite sur chaque annonce suivante. C'est probablement la leçon la plus coûteuse de cet épisode.

Le retard se paie en talents. Un chercheur qui voit son travail repoussé indéfiniment, dans un marché où les concurrents livrent chaque mois, a des raisons objectives de partir. Et chaque départ ralentit un peu plus.

Ce qu'il faut retenir

La vraie question n'est plus de savoir quand Gemini 3.5 Pro sortira, mais s'il sortira sous ce nom. Un modèle annoncé en mai, repoussé quatre fois, qui arriverait en septembre face à une concurrence qui a livré trois générations entre-temps, se retrouverait à devoir prouver énormément.

Il est possible que la décision la plus rationnelle soit de sauter cette étape et de concentrer les efforts sur la génération suivante. Cela ferait un titre désagréable pendant quarante-huit heures, et cela vaudrait probablement mieux que de livrer un modèle qui déçoit après un tel délai.

Pour un développeur, le conseil reste celui que nous donnions en juillet : construisez sur ce qui existe et fonctionne, gardez une couche d'abstraction pour changer de modèle, et ne bâtissez rien autour d'une date non confirmée. Ce conseil a bien vieilli.

Espace publicitaire