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Deutsche Telekom veut économiser 2,5 milliards avec l'IA

Le géant allemand des télécoms détaille ce que l'IA va changer : la hotline, le réseau, et même vos appels, traduits en direct. Mais deux chiffres manquent à l'appel.

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Deutsche Telekom est à l'Allemagne ce qu'Orange est à la France : l'opérateur historique, des dizaines de millions de clients, et, à travers sa filiale T-Mobile, un poids lourd aux États-Unis aussi.

Lundi, à Bonn, le groupe a réuni ses investisseurs pour leur expliquer comment l'intelligence artificielle allait le transformer. Avec un chiffre à la clé.

Le chiffre

Deutsche Telekom vise environ 2,5 milliards d'euros d'économies sur ses coûts indirects d'ici 2030, par rapport à 2023, grâce à l'IA et à l'automatisation. Dès 2027, le groupe attend environ 1,1 milliard d'euros d'économies brutes hors États-Unis.

L'IA doit aussi rapporter. Le groupe vise environ 250 millions d'euros de revenus liés à l'IA cette année auprès des entreprises hors États-Unis, et environ 800 millions d'ici 2030. Il voit notamment une grande opportunité dans la volonté européenne de disposer d'une IA souveraine, qui ne dépende pas des géants américains. C'est la même ambition que celle que porte Mistral avec son nouveau modèle.

Une partie des économies doit être réinvestie, notamment pour accélérer le déploiement de la fibre en Allemagne. Le patron du groupe, Tim Höttges, résume l'enjeu : l'IA transforme Deutsche Telekom en profondeur.

Ce qui change concrètement

Selon l'opérateur, l'IA repère plus tôt les pics de trafic sur le réseau mobile et aide à régler les pannes plus vite. Elle épaule les conseillers du service client pour résoudre les problèmes dès le premier contact. Des assistants prennent en charge une partie de la hotline. Et l'IA aide les équipes informatiques à remplacer de vieux systèmes.

Plus de 100 000 salariés ont déjà été formés à ces outils, qui vont de l'assistant maison du groupe à ChatGPT et Copilot.

Vos appels traduits en direct 📞
Côté grand public, l'opérateur met en avant son assistant Magenta AI. Il peut traduire un appel téléphonique en temps réel, répondre à des questions ou résumer des contenus, sans application supplémentaire ni nouveau téléphone. Appeler un hôtel en Italie ou un client au Japon en parlant chacun sa langue : une promesse de science-fiction qui devient une option d'abonnement.

Les deux chiffres qui manquent

Combien d'emplois ? Deutsche Telekom n'a donné aucun chiffre sur les postes concernés. Or quand une hotline est en partie confiée à des assistants, la question se pose forcément.

Combien coûte l'IA elle-même ? Comme le relève l'agence Reuters, les économies annoncées sont brutes. Elles ne tiennent pas compte de ce que coûtent les licences, la puissance de calcul et la formation. Les économies réelles seront donc plus faibles que le chiffre affiché.

Ce sont deux silences classiques dans ce genre d'annonce. Ils ne rendent pas le plan faux, mais ils invitent à le lire avec prudence.

Ce qu'on retient

L'annonce de Deutsche Telekom montre à quoi ressemble l'IA dans une grande entreprise européenne : pas une révolution spectaculaire, mais des milliers de petites tâches automatisées, qui finissent par peser des milliards.

C'est le pendant de ce que racontait l'histoire d'Accenture : chez ceux qui l'installent, l'IA crée du travail ; chez ceux qui l'utilisent, elle cherche surtout à en économiser. Pour les clients, ce sera sans doute un réseau qui marche mieux, et davantage de robots au bout du fil. Pour eux, nous publions en fin de journée un guide pour obtenir un humain quand il le faut.

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