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Accenture : l'IA devait la ruiner, elle la fait bondir

On prédisait que l'intelligence artificielle allait dévorer le travail des consultants. Le géant du conseil vient de vivre la plus belle journée de son histoire en Bourse.

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Pendant un an, une prédiction a circulé partout : l'intelligence artificielle allait dévorer le travail des consultants. Rédiger des rapports, analyser des données, écrire du code pour les entreprises : tout ce que facturent les grands cabinets, une IA pourrait bientôt le faire pour quelques centimes.

La première cible désignée était Accenture, le plus grand groupe mondial de conseil et de services informatiques. Avant l'été, son action avait perdu environ 40 % de sa valeur depuis janvier.

Jeudi, elle a vécu la plus belle journée de son histoire.

Ce qui s'est passé

Accenture a publié ses résultats annuels, et ils ont surpris tout le monde. Sur son dernier trimestre, l'entreprise a réalisé 18,7 milliards de dollars de chiffre d'affaires, en hausse de 6 %, au-dessus de ce qu'attendaient les analystes. Ses nouvelles commandes ont atteint 22,2 milliards. Et elle prévoit une croissance de 3 à 6 % pour l'année qui commence, plus que ce qu'espérait Wall Street.

L'action a bondi jusqu'à 22 % dans la journée, un record pour Accenture, avant de terminer en hausse d'environ 16 %. Dans la foulée, d'autres entreprises de services informatiques, elles aussi malmenées depuis des mois, ont repris des couleurs.

Pourquoi l'IA lui donne du travail

L'explication tient en une idée, que la patronne d'Accenture, Julie Sweet, répète depuis des mois : pour son entreprise, les occasions créées par l'IA pèsent plus lourd que le travail qu'elle fait disparaître.

Une entreprise qui veut utiliser l'IA ne se contente pas d'acheter un abonnement. Il faut revoir ses façons de travailler, relier l'IA à ses logiciels et à ses données, former les équipes, vérifier que tout est sûr. Ce chantier est long, compliqué, et la plupart des entreprises ne savent pas le mener seules.

C'est exactement ce que vend Accenture. Ce sont, en quelque sorte, les plombiers de l'IA : la technologie est puissante, mais quelqu'un doit l'installer dans chaque maison.

La baisse des prix de l'IA amplifie le mouvement. Selon Julie Sweet, plus l'IA devient bon marché, plus ses clients veulent l'étendre, et plus ils ont besoin d'aide pour le faire.

Ce qui reste fragile ⚠️
Tout le monde n'est pas convaincu. Des analystes rappellent que près de la moitié du chiffre d'affaires d'Accenture vient encore de l'installation de logiciels et du développement d'applications, précisément les activités que l'IA sait de mieux en mieux faire seule. Et même après ce bond, l'action reste en baisse de plus de 18 % depuis janvier. Une journée exceptionnelle ne fait pas une tendance.

Ce que ça dit de l'emploi

Cette histoire rejoint ce que montrait, mercredi, une étude française sur les offres d'emploi : l'IA ne fait pas forcément disparaître les postes, elle change ce qu'on y fait. Les consultants d'Accenture passeront sans doute moins de temps à écrire des rapports, et plus à aider les entreprises à se transformer.

Reste à savoir combien de temps ce besoin durera. Installer l'IA est aujourd'hui un chantier immense. Une fois les entreprises équipées et les outils devenus plus simples, il faudra peut-être beaucoup moins de plombiers.

Ce qu'on retient

Les prédictions sur l'IA ont souvent un défaut : elles regardent ce qu'elle remplace, et oublient ce qu'elle oblige à construire. Accenture vient de rappeler que chaque grande technologie crée d'abord un énorme travail d'installation.

Ce n'est pas une garantie pour l'avenir. Mais c'est une bonne raison de se méfier des prophéties trop simples, dans un sens comme dans l'autre.

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