Aller au contenu

Walmart ouvre ses rayons aux agents IA, sous conditions

Pendant qu'Amazon bloque les agents d'IA, son grand rival fait le pari inverse : les laisser faire les courses de ses clients, avec un profil à part, des plafonds de dépenses et une validation de chaque achat.

Espace publicitaire

Mardi, nous racontions comment le web ferme ses portes aux agents d'IA : Amazon, Yelp ou Delta bloquent ces assistants qui veulent acheter ou réserver à notre place.

Le lendemain, le plus grand distributeur du monde a fait exactement l'inverse.

Ce que Walmart a annoncé

Mercredi, à San Francisco, le patron de Walmart, John Furner, a présenté un dispositif complet pour accueillir les agents d'IA sur les sites de Walmart et de Sam's Club, sa chaîne de magasins-entrepôts. Trois pièces le composent.

Des profils pour les agents. D'ici un mois, chaque agent d'IA qu'un client autorise aura son propre profil dans son compte Walmart. Ses achats apparaîtront à part, bien distincts de ceux du client.

Un accès direct et sécurisé. Une porte d'entrée dédiée, d'abord ouverte à quelques entreprises, permettra aux agents de chercher dans le catalogue et de passer commande, sans avoir accès aux informations personnelles du client ni à son historique d'achats.

Des règles de conduite. Les agents ne pourront pas aller au-delà de ce que le client a demandé, ni toucher aux informations de paiement. Ceux qui ne respectent pas ces règles seront bloqués.

Le client garde la main

C'est le cœur du dispositif. Par défaut, chaque achat proposé par un agent devra être validé par le client. Celui-ci pourra aussi choisir de laisser l'agent acheter seul, mais dans la limite d'un plafond qu'il fixe lui-même, par exemple 50, 100 ou 200 dollars. Il pourra retirer son autorisation à tout moment. Et si l'agent se trompe de commande, la politique de retour habituelle s'applique.

Ce sont exactement les bons réflexes que nous recommandions pour confier un peu de son argent à un agent sans prendre de risque.

Le mandat, une idée vieille comme le droit 📜
Laisser quelqu'un acheter en notre nom n'a rien de nouveau. Le Code civil français définit depuis 1804 le « mandat » : l'acte par lequel une personne donne à une autre le pouvoir de faire quelque chose pour elle et en son nom. Le droit prévoit depuis toujours qu'un mandataire doit respecter les limites de ce qu'on lui a confié. Les règles de Walmart, avec leurs plafonds et leurs validations, ressemblent beaucoup à un mandat moderne. La grande question juridique reste entière : un mandataire peut-il être une machine, et qui répond de ses erreurs ?

Deux visions qui s'affrontent

Pourquoi Walmart ouvre-t-il ce qu'Amazon ferme ? Les deux entreprises ne jouent pas la même partie. Amazon gagne beaucoup d'argent grâce aux publicités que voient ses visiteurs ; un agent qui vient acheter sans regarder rien d'autre le prive de ces revenus. Walmart, longtemps distancé par Amazon en ligne, voit dans les agents une occasion de rattraper son retard, en devenant le magasin préféré des assistants d'IA.

Walmart n'est d'ailleurs pas seul. La plateforme Shopify a fait un choix comparable pour les boutiques qu'elle héberge, avec des plafonds hebdomadaires ou mensuels.

Ce qu'on retient

Le web ne se ferme pas entièrement aux agents d'IA. Il se divise entre ceux qui leur claquent la porte et ceux qui leur ouvrent une entrée de service, avec ses propres règles.

Le modèle de Walmart a un mérite : il ne laisse pas le choix entre tout interdire et tout permettre. L'agent peut agir, mais le client garde la main. C'est peut-être ainsi que nous ferons nos courses demain.

Espace publicitaire