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Les lunettes IA, nouveau champ de bataille : Samsung dégaine demain, la Chine a déjà pris les devants

Samsung dévoile ses Galaxy Glasses le 22 juillet pour affronter Meta. Mais pendant que l'Occident se met en place, les fabricants chinois raflent déjà près de la moitié du marché mondial.

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L'essentiel en 30 secondes ⚡
Demain, 22 juillet 2026, Samsung présente à Londres ses premières lunettes connectées, les Galaxy Glasses, propulsées par l'IA Gemini de Google, pour affronter les Ray-Ban de Meta qui dominent le marché occidental. Mais le vrai bouleversement vient de Chine : les fabricants chinois devraient représenter environ 45% du marché mondial des lunettes IA en 2026, avec plus de 22 millions d'unités. La course au successeur du smartphone est lancée, et elle est mondiale.

Il y a des objets qui passent du gadget à la révolution sans qu'on s'en aperçoive tout de suite. Les lunettes connectées sont en train de vivre ce basculement. Longtemps moquées, associées à l'échec des Google Glass en 2015, elles reviennent en force, portées cette fois par une différence décisive : l'intelligence artificielle. Et cette semaine marque un tournant, avec Samsung qui entre dans la danse demain. Tour d'horizon d'une bataille planétaire.

Pourquoi maintenant, et pourquoi ça change tout

La première génération de lunettes connectées voulait mettre un écran devant vos yeux. C'était encombrant, cher, et personne n'en voulait. La génération actuelle fait le pari inverse : la plupart n'ont aucun écran. À la place, elles embarquent une caméra, des micros, des haut-parleurs, et surtout une IA capable de voir ce que vous voyez et de vous parler.

Le principe est celui de la multimodalité, que nous avons expliqué dans notre article dédié : une IA qui traite ensemble l'image et le son. Vous regardez un monument, vous demandez ce que c'est, l'IA répond. Vous fixez un menu en langue étrangère, elle le traduit dans votre oreille. Vous cuisinez les mains occupées, elle vous lit la recette. L'écran n'est plus nécessaire, parce que l'IA sert d'interface. C'est ce qui rend ces lunettes soudainement utiles, là où les précédentes n'étaient qu'une prouesse technique.

L'enjeu dépasse le confort. Selon plusieurs acteurs du secteur, le smartphone a atteint ses limites physiques en taille d'écran et en modes d'interaction. Les lunettes IA sont vues comme un candidat sérieux au titre de prochain terminal mobile, le successeur potentiel du téléphone. D'où la ruée de tous les géants, car personne ne veut rater le prochain iPhone.

Samsung entre en scène demain

Le 22 juillet 2026, lors de son événement Galaxy Unpacked à Londres, Samsung devrait dévoiler ses premières Galaxy Glasses, dont le nom de code est Jinju. Co-conçues avec la marque de lunettes premium Gentle Monster, elles fonctionnent sous Android XR, la plateforme développée par Google pour les objets connectés, avec l'IA Gemini intégrée.

Sans écran dans cette première version, elles miseraient sur une caméra de 12 mégapixels, des haut-parleurs et des micros, un profil très proche des Ray-Ban de Meta. Leur argument différenciant serait la profondeur de Gemini, connecté à Google Maps, à la recherche et à l'écosystème Android. Côté prix, les fuites évoquent une fourchette entre 379 et 499 dollars, avec un point important à noter : l'annonce de demain ne signifie pas une disponibilité immédiate, Samsung ayant lui-même indiqué un lancement commercial étalé à l'automne sur des marchés sélectionnés. Une version avec écran, au nom de code Haean, est attendue pour 2027.

La stratégie cachée de Samsung 🎯
L'atout de Samsung n'est pas le matériel, c'est l'écosystème. Le marché des lunettes IA récompense la marque qui est déjà dans votre poche. Si vous avez un téléphone Galaxy, des lunettes Galaxy qui s'y connectent naturellement deviennent une extension logique. D'ailleurs, plusieurs fuites suggèrent que ces lunettes n'auraient aucun calcul embarqué et délègueraient tout le traitement au téléphone appairé. Le smartphone reste le cerveau, les lunettes deviennent les yeux et les oreilles. C'est aussi ce qui explique pourquoi Google pousse si fort : chaque paire vendue ancre un peu plus Gemini dans le quotidien, exactement comme nous l'observions à propos de l'accord Gemini pour équiper Siri.

Meta, le géant en place

Face à Samsung, Meta part avec une avance considérable. L'entreprise a vendu plus de sept millions de paires de ses lunettes Ray-Ban, et a prolongé son partenariat de fabrication exclusif avec le groupe EssilorLuxottica jusqu'en 2034. Cette avance se mesure en maturité produit, en distribution en boutique et en notoriété de marque.

Les chiffres de marché sont éloquents : sur l'ensemble de 2025, Meta représentait environ 85% des livraisons mondiales de lunettes IA. L'entreprise ne compte pas s'arrêter là, avec des rapports évoquant jusqu'à quatre nouveaux modèles en 2026, dont une prochaine génération de Ray-Ban attendue autour de sa conférence Meta Connect, prévue les 23 et 24 septembre. Ses lunettes fonctionnent avec sa propre IA maison, Meta AI, ce qui lui donne un contrôle total sur l'expérience, contrairement à Samsung qui dépend de Google.

Le vrai bouleversement : la Chine a déjà pris les devants

Voici ce que la plupart des comparatifs occidentaux ratent. Pendant que Samsung se prépare et que Meta consolide, les fabricants chinois ont discrètement conquis une part massive du marché. Le cabinet IDC prévoit que les marques chinoises représenteront 45% du marché mondial des lunettes IA en 2026, avec des livraisons atteignant 22,67 millions d'unités, en hausse de 56% sur un an.

Le mouvement est déjà visible dans les classements. Au premier trimestre 2026, quatre des cinq premiers vendeurs mondiaux de lunettes connectées étaient chinois. En Chine même, Xiaomi domine avec environ 28% de part de marché, devant Alibaba à 21%. Et la diversité des acteurs est frappante : géants de la tech, opérateurs télécoms, fabricants d'électroménager, spécialistes de l'affichage, tous se sont lancés.

Chaque acteur chinois a sa spécialité. Xiaomi mise sur sa distribution et son écosystème gigantesque, du téléphone à la voiture électrique. Alibaba a lancé ses lunettes Quark propulsées par son modèle maison Qwen, intégrant traduction, navigation et paiement directement dans son écosystème, avec un modèle d'entrée autour de 268 dollars. RayNeo, filiale de TCL, pousse l'affichage augmenté immersif. Rokid et XREAL visent l'entreprise et l'informatique spatiale. Ensemble, RayNeo, XREAL et Viture concentraient 96% des livraisons mondiales de lunettes AR centrées vidéo au second semestre 2025.

Le facteur qui accélère tout en Chine 🇨🇳
Un élément passé inaperçu en Occident : en 2026, les lunettes connectées ont été intégrées pour la première fois au catalogue des subventions nationales chinoises. Concrètement, l'État aide à l'achat, ce qui pousse les distributeurs à constituer des stocks et encourage les consommateurs à essayer la catégorie. C'est un accélérateur que n'ont ni les États-Unis ni l'Europe, et il explique en partie la croissance vertigineuse du marché chinois, qui a bondi de plus de 100% en un an.

Et Apple, dans tout ça ?

Le grand absent de cette bataille est, pour une fois, Apple. La marque à la pomme, qui a lancé le mouvement du smartphone puis de la montre connectée, semble en retard sur les lunettes IA. Les rumeurs évoquent un lancement seulement en 2027, voire une simple présentation en avant-première d'ici là, sans certitude. Apple aurait choisi de prendre son temps, fidèle à sa stratégie habituelle de n'arriver que lorsque le produit est mûr. Le pari est risqué : sur un marché qui pourrait définir le prochain terminal informatique, arriver deux ans après les autres n'est pas anodin.

Ce qu'il faut retenir

Les lunettes connectées vivent leur moment de bascule, porté par l'IA qui remplace l'écran par une voix et un regard. Samsung entre demain dans une bataille où Meta domine l'Occident et où la Chine, portée par Xiaomi, Alibaba et une nuée de spécialistes, capte déjà près de la moitié du marché mondial. C'est la même dynamique que celle observée sur les modèles d'IA eux-mêmes, où les acteurs chinois montent en puissance face à des géants occidentaux mieux installés mais plus chers.

Une prudence s'impose toutefois : la plupart des spécifications des Galaxy Glasses restent des fuites non confirmées avant l'annonce de demain, et les questions de confidentialité, cruciales pour un objet qui filme en permanence ce que vous regardez, restent largement ouvertes. Une caméra sur le visage soulève des enjeux de vie privée qu'aucun fabricant n'a encore vraiment résolus, ni en Occident ni en Chine.

Reste la grande question, encore sans réponse : ces lunettes seront-elles vraiment le successeur du smartphone, ou un accessoire de plus qui trouvera son public sans le remplacer ? Les fondateurs du secteur eux-mêmes situent le véritable moment de bascule, leur "moment iPhone", plutôt vers 2027 ou 2028. 2026 ne serait que le début. Mais un début que plus aucun géant, sauf peut-être Apple, ne peut se permettre de regarder de loin.

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