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Des robotaxis chinois vont rouler à Londres

Uber va tester dans les prochaines semaines les voitures sans chauffeur du chinois Pony.ai dans la capitale britannique. Avec un objectif : 2 000 robotaxis en Europe.

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Les taxis noirs de Londres sont parmi les plus célèbres du monde. Leurs chauffeurs aussi : pour obtenir leur licence, ils doivent connaître la ville par cœur, sans GPS, rue par rue.

Dans les prochaines semaines, un nouveau type de taxi va commencer à apprendre les rues de Londres. Sans chauffeur.

Ce qui a été annoncé

Jeudi, Uber et l'entreprise chinoise Pony.ai ont annoncé qu'ils allaient tester les robotaxis de Pony.ai à Londres, dans les semaines qui viennent. Ce sont des voitures de septième génération, capables de rouler seules, d'abord avec une personne à bord pour surveiller.

Les clients pourront à terme les commander depuis l'application Uber, comme n'importe quelle course. Les deux entreprises visent plus de 2 000 robotaxis en Europe.

Pas le premier à Londres

Pony.ai ne sera pas seul. Uber travaille déjà à Londres avec Wayve, une jeune entreprise britannique de conduite autonome. Plus tôt cette année, Wayve a lancé les premières courses Uber autonomes du Royaume-Uni, avec une quinzaine de voitures et un conducteur prêt à reprendre la main, sous licence des autorités de transport londoniennes. Uber a même promis d'investir 300 millions de dollars de plus dans Wayve si ses robotaxis se déploient, à commencer par Londres.

C'est la stratégie d'Uber : ne pas fabriquer ses propres voitures autonomes, mais faire travailler plusieurs fournisseurs sur sa plateforme. L'entreprise collabore déjà avec plus de 30 sociétés du secteur, et vise des courses sans chauffeur dans une quinzaine de villes du monde d'ici la fin de l'année.

L'Europe, nouveau terrain de jeu

Londres n'est pas la première ville européenne de Pony.ai. À Zagreb, en Croatie, une entreprise locale fondée par Mate Rimac, connu pour ses voitures électriques de sport, fait rouler depuis le printemps des robotaxis équipés de la technologie de Pony.ai, avec un opérateur de sécurité à bord. On peut les réserver sur Uber depuis août. Pony.ai teste aussi ses voitures au Luxembourg, avec Bolt et Stellantis.

En Chine, l'entreprise fait déjà rouler des robotaxis dans quatre grandes villes. La France, elle, ne figure pas encore sur la liste.

Le savoir des taxis londoniens 🗺️
À Londres, devenir chauffeur de taxi noir demande de réussir l'un des examens les plus difficiles du monde, surnommé « The Knowledge ». Les candidats doivent mémoriser environ 25 000 rues autour du centre-ville, et des milliers de lieux, pour pouvoir tracer de tête le meilleur trajet. Il leur faut souvent trois à quatre ans de préparation. Des scientifiques ont même observé que cet apprentissage modifiait une zone du cerveau liée à l'orientation. Une voiture autonome, elle, apprend la ville grâce à ses caméras, ses capteurs et des cartes très détaillées.

Les questions qui restent

La sécurité. Les robotaxis progressent, mais ils ne sont pas infaillibles. Aux États-Unis, les voitures sans volant de Tesla ont déjà fait l'objet d'une enquête fédérale à peine lancées. Londres, avec ses rues étroites, ses bus, ses cyclistes et sa conduite à gauche, sera un test exigeant.

Les données. Une voiture autonome filme en permanence tout ce qui l'entoure. Voir une technologie chinoise cartographier les rues d'une capitale européenne posera forcément la question de savoir où vont ces images, et qui y a accès.

Les emplois. Les chauffeurs de taxi et de VTC sont parmi les plus directement concernés par l'arrivée des voitures autonomes. Le passage se fera lentement, avec des opérateurs à bord au début, mais la direction est claire.

Ce qu'on retient

En 2017, des chercheurs prédisaient qu'une IA saurait conduire un camion d'ici 2027. Quand nous avions vérifié leurs prédictions, la réponse était : « en partie ». L'arrivée des robotaxis à Londres montre que cette partie grandit, ville après ville.

La question n'est plus vraiment de savoir si les voitures sans chauffeur arriveront en Europe. C'est de savoir à quel rythme, avec quelles règles, et avec la technologie de qui.

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