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Le FMI s'inquiète d'une chute des valeurs de l'IA

Dans son rapport sur la stabilité financière, le Fonds monétaire international range une correction des actions liées à l'IA parmi les trois grands risques du moment. Ce que ça veut dire, simplement.

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Deux fois par an, le Fonds monétaire international publie une sorte de bulletin de santé de la finance mondiale. Il y liste ce qui pourrait, demain, faire trembler les marchés.

Mardi, à Bangkok, il a ajouté l'intelligence artificielle en haut de la liste.

Ce que dit le FMI

Dans son rapport, le FMI identifie trois risques qui pourraient provoquer, à court terme, de fortes turbulences sur les marchés. Une correction des valeurs liées à l'IA, si les investissements ou les profits déçoivent. Une forte hausse des taux auxquels les États empruntent. Et une cyberattaque majeure.

Sur l'IA, le message est clair : les conséquences d'une correction pourraient être mondiales.

Le FMI reconnaît que les marchés ont jusqu'ici remarquablement bien résisté, portés par une croissance meilleure que prévu, des entreprises très rentables et l'optimisme autour de l'IA. Les investissements dans l'IA ont même aidé à compenser les effets de la guerre au Moyen-Orient. Mais un de ses dirigeants a résumé la situation d'une formule : la résistance n'est pas forcément la sécurité.

Une correction, c'est quoi ?

Quand les investisseurs s'enthousiasment pour une technologie, ils achètent les actions des entreprises concernées, dont le prix monte, parfois bien au-delà de ce que ces entreprises gagnent réellement. Ils parient sur des profits futurs.

Si ces profits tardent à venir, ou se révèlent plus modestes que prévu, les investisseurs revendent, et les prix baissent brutalement. C'est une correction. Elle peut être modérée, ou tourner au krach.

Pourquoi l'IA inquiète

Parce qu'on y a mis énormément d'argent. Les géants de la tech investissent des centaines de milliards dans les puces et les centres de données, en pariant sur des revenus qui restent à venir.

Parce que l'argent tourne en rond. Le FMI s'inquiète des accords croisés entre grandes entreprises : un investisseur finance une entreprise d'IA, qui utilise cet argent pour lui acheter ses produits. Selon le rapport, environ 1 400 milliards de dollars de revenus futurs reposent sur ce type d'accords. Si un maillon flanche, toute la chaîne vacille.

Parce qu'une partie est financée à crédit. L'argent emprunté amplifie tout : les gains quand ça monte, les pertes quand ça descend. Nous l'avions vu avec l'endettement d'Oracle pour ses centres de données.

Le précédent de l'an 2000 📉
Entre mars 2000 et octobre 2002, l'indice Nasdaq, où sont cotées les grandes valeurs technologiques américaines, a perdu près de 80 % de sa valeur. C'était l'éclatement de la bulle internet. Pourtant, internet n'a pas disparu, bien au contraire : certaines entreprises de l'époque, comme Amazon, sont devenues des géants. La leçon est importante : une technologie peut être bien réelle et révolutionnaire, et ses entreprises être quand même surévaluées en Bourse.

Et les banques ?

Le FMI se veut rassurant sur un point : dans ses simulations, le système bancaire résiste globalement à un choc combinant l'IA, les marchés obligataires et l'énergie. Mais il note qu'une partie des banques les plus fragiles se retrouverait en difficulté, et que cette part augmente. Il s'inquiète aussi des assureurs et des fonds de pension, qui détiennent de plus en plus d'actifs difficiles à revendre vite.

Le rapport fait enfin un lien avec la cybersécurité : en 2026, dans plus de 70 % des cas, les éditeurs de logiciels n'ont eu presque aucun délai pour corriger une faille avant qu'elle soit exploitée. C'est le même constat que celui du rapport de Microsoft sur les pirates dopés à l'IA.

Ce que ça veut dire pour vous

Si vous avez une épargne placée en Bourse, par exemple via une assurance-vie en unités de compte ou un fonds qui suit les grandes Bourses mondiales, les géants américains de la tech y pèsent souvent lourd. Ce n'est pas une raison de paniquer, mais c'est une bonne raison de savoir ce que contient votre épargne. Alyriaz ne donne pas de conseil en investissement : pour une décision, parlez-en à un professionnel.

Ce qu'on retient

Le FMI ne prédit pas de krach. Il dit que le risque existe, qu'il est sérieux, et que s'il se réalisait, le choc ne resterait pas dans la Silicon Valley.

C'est peut-être la meilleure mesure de l'importance qu'a prise l'IA : elle ne transforme plus seulement nos outils. Elle porte désormais une partie de l'économie mondiale sur ses épaules.

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