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Une IA faite de lumière repère les deepfakes

Des chercheurs californiens analysent quinze vidéos à la fois en faisant passer de la lumière à travers des couches spéciales. Près de 98 % de réussite, pour presque rien en énergie.

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Une vidéo circule. On y voit un responsable politique tenir des propos choquants. Elle est partagée des milliers de fois en une heure. Vraie ou fausse ?

Pour le savoir, il faut l'analyser. Et quand des millions de vidéos sont publiées chaque jour, analyser chacune coûte énormément de temps et d'électricité. Des chercheurs de l'université de Californie à Los Angeles ont eu une idée étonnante : confier une partie du travail à la lumière.

Calculer avec de la lumière

Un ordinateur ordinaire calcule avec de l'électricité, étape par étape, et chauffe en le faisant. Le système des chercheurs fonctionne en deux temps.

D'abord, une partie classique prépare les vidéos. Ensuite, l'essentiel de l'analyse se fait en envoyant de la lumière à travers des couches spécialement conçues. En les traversant, la lumière se déforme d'une manière calculée à l'avance, et ce simple passage fait le calcul. C'est la physique qui travaille, presque sans dépenser d'énergie.

Et comme la lumière peut transporter plusieurs images à la fois, le système analyse 15 vidéos en même temps, en un seul passage.

Les résultats

Sur une collection de vidéos truquées très utilisée par les chercheurs, le système a repéré les deepfakes avec près de 98 % de réussite. Sur des vidéos qu'il n'avait jamais vues, fabriquées par Veo 3, le générateur vidéo de Google, il a encore atteint près de 95 %, après un simple réglage.

Les chercheurs mettent aussi en avant sa faible consommation et sa résistance aux tentatives de le tromper. Leurs travaux ont été publiés dans la revue scientifique eLight.

Le chiffre qu'on oublie : les vraies vidéos accusées 🎯
Un détecteur peut se tromper de deux façons : laisser passer un faux, ou accuser un vrai. Dans les tests publiés, le système repère presque tous les deepfakes, mais il classe aussi à tort environ 4 vraies vidéos sur 100 comme fausses. À l'échelle d'un réseau social qui en reçoit des millions par jour, cela ferait des dizaines de milliers de personnes réelles soupçonnées à tort. C'est pour ça qu'un détecteur doit servir à trier, jamais à condamner.

Pourquoi la lumière

Ce n'est pas un hasard si cette piste revient. Nous racontions en septembre comment la lumière pourrait diviser par deux l'énergie des puces. Le même principe joue ici : faire circuler l'information avec de la lumière plutôt qu'avec des courants électriques coûte beaucoup moins cher. Pour vérifier des milliards de vidéos, c'est un argument décisif.

Ce qu'il faut garder en tête

C'est un résultat de laboratoire, pas un produit. Et la course entre ceux qui fabriquent les faux et ceux qui les détectent ne s'arrête jamais : chaque nouveau générateur oblige à réentraîner les détecteurs. Pour le texte, cette course semble déjà perdue, comme nous l'expliquions à propos des détecteurs de texte contournés.

Pour la vidéo, ce travail montre au moins une chose : la détection peut devenir assez rapide et bon marché pour être faite à grande échelle. C'est une condition nécessaire. Ce n'est pas encore une solution.

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