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MIT, Apache, « ouvert » : comment lire la licence d'un modèle

Tous les modèles présentés comme ouverts ne le sont pas au même degré. Trois familles de licences, et les pièges qui coûtent cher.

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Le piège du mot « ouvert » 🔓
Ce terme n'a aucune définition juridique. Un modèle peut être annoncé comme ouvert et interdire l'usage commercial, ou limiter le nombre d'utilisateurs, ou réserver certains usages. Entre un modèle sous licence MIT et un modèle sous licence maison, l'écart de liberté est considérable, et la différence ne se voit pas dans les annonces.

Nous parlons de modèles ouverts chaque semaine. Voici comment lire ce qui se cache derrière l'étiquette, parce que la question se pose dès qu'on construit quelque chose de sérieux.

Les trois familles

Les licences permissives. MIT et Apache 2.0 sont les plus courantes. Elles autorisent à peu près tout : usage commercial, modification, redistribution, intégration dans un produit fermé. Les obligations se limitent généralement à conserver la mention de licence.

La différence entre les deux est modeste et compte pour les entreprises : Apache 2.0 comporte une clause explicite sur les brevets, qui protège l'utilisateur contre une action en contrefaçon de la part des contributeurs. MIT est plus courte et silencieuse sur ce point. C'est pourquoi beaucoup de directions juridiques préfèrent Apache.

C'est sous ces licences que sortent GLM-5.3-Flash en MIT et Qwen 3.8-27B en Apache 2.0.

Les licences avec réciprocité. Elles autorisent l'usage à condition que les modifications soient elles aussi publiées sous la même licence. Courantes dans le logiciel, plus rares pour les modèles.

Les licences maison restrictives. C'est là que se trouvent les pièges. Un laboratoire écrit sa propre licence, qui peut interdire l'usage commercial, plafonner le nombre d'utilisateurs, interdire d'entraîner un autre modèle à partir des sorties, ou réserver certains domaines d'application.

Les quatre clauses à chercher ⚠️
L'usage commercial : autorisé ou réservé à la recherche ? C'est la question la plus fréquente et la plus coûteuse à découvrir tard.
Le seuil d'utilisateurs : certaines licences imposent de négocier au-delà d'un volume donné.
La distillation : beaucoup interdisent d'utiliser les sorties pour entraîner un modèle concurrent, ce que nous évoquions dans notre article sur la distillation.
Les usages interdits : une liste de domaines exclus, dont la formulation est souvent large et l'application incertaine.

Ce que la licence ne couvre pas

Deux angles morts importants, et ils surprennent régulièrement.

Les données d'entraînement. Une licence permissive sur les poids ne dit rien de la légalité des données qui ont servi à les produire. Si un contentieux survient sur ce point, comme dans les procès d'éditeurs, la licence du modèle ne vous protège pas.

Ce que produit le modèle. La licence porte sur les poids, pas sur les sorties. La question de savoir à qui appartient un texte généré relève d'un autre régime, que nous avons traité dans un article dédié.

Ce qu'il faut vérifier avant de construire

Trois réflexes simples et efficaces.

Lisez la licence, pas l'annonce. Elle figure sur la page du modèle. C'est généralement court, et l'écart avec le communiqué de presse est parfois considérable.

Archivez la version que vous utilisez. Une licence peut changer pour les versions suivantes. Celle sous laquelle vous avez téléchargé continue de s'appliquer à cette version précise, et c'est un argument que vous n'aurez que si vous en avez gardé la trace.

Gardez une copie des poids. Un fichier téléchargé ne disparaît pas, contrairement à une page qu'on peut retirer. C'est devenu une précaution élémentaire depuis le changement de propriétaire de la plateforme principale.

Ce qu'il faut retenir

La licence est probablement le critère le plus important et le moins regardé dans le choix d'un modèle ouvert. On compare des scores pendant des heures, on ne lit pas le paragraphe qui détermine ce qu'on a le droit d'en faire.

Et c'est celui qui ne se rattrape pas. Un modèle un peu moins performant se remplace ; un produit construit sur un modèle dont la licence interdit votre usage se reconstruit.

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