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Le chef des espions américains prend la tête de l'IA

Jay Clayton, qui dirige l'ensemble du renseignement des États-Unis, devient aussi le responsable de l'IA à la Maison-Blanche. Avec une « Super Intelligence Force » et 120 jours pour agir.

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Aux États-Unis, un homme supervise l'ensemble des services de renseignement du pays, de la CIA à la NSA. Il s'appelle Jay Clayton.

Depuis dimanche, il a un deuxième travail : piloter la politique américaine de l'intelligence artificielle.

Ce qui a été annoncé

Donald Trump a annoncé sur son réseau social la création d'une « Super Intelligence Force », un groupe chargé de coordonner l'action du gouvernement fédéral sur l'IA. Jay Clayton, directeur du renseignement national depuis juillet, en prend la tête. Il devient de fait le « tsar » de l'IA de la Maison-Blanche, un poste vacant depuis le départ de l'investisseur David Sacks en mars.

Avant le renseignement, Jay Clayton a présidé le gendarme américain de la Bourse et dirigé l'un des parquets fédéraux les plus importants du pays, à New York.

Il sera entouré de trois autres responsables : le président de l'autorité de protection des consommateurs, la FTC, un haut responsable de la recherche au ministère de la Défense, et le directeur de l'administration chargée des fonctionnaires fédéraux. Le groupe rendra compte directement au président et à sa cheffe de cabinet.

Sa mission

Selon Donald Trump, ce groupe doit faire en sorte que l'Amérique reste en tête dans ce qu'il appelle désormais la superintelligence. Il coordonnera les échanges du gouvernement avec les consommateurs, les associations, les organisations religieuses, les opérateurs d'infrastructures essentielles et les entreprises du secteur.

Selon le Wall Street Journal, sa charte lui donne 120 jours pour évaluer les risques et les opportunités de l'IA, et définir jusqu'où doit aller la responsabilité de l'État. Elle lui demande de traiter les menaces tout en évitant une réglementation excessive qui freinerait l'innovation.

Dix-huit agences sous un même chef 🕵️
Le poste de directeur du renseignement national a été créé en 2004, après les attentats du 11 septembre, quand une commission d'enquête avait conclu que les services américains ne partageaient pas assez leurs informations. Son titulaire coordonne aujourd'hui les dix-huit organisations du renseignement américain. C'est cet homme, habitué aux questions de sécurité nationale et de secret, qui est désormais chargé de la politique de l'IA.

Ce que ce choix révèle

Confier l'IA au chef du renseignement, c'est dire clairement comment Washington la voit : comme une question de sécurité nationale. Jay Clayton l'a dit lui-même quelques jours plus tôt à la télévision américaine, en rejetant l'idée de faire une pause dans le développement des modèles les plus avancés.

C'est la suite logique de ce que nous décrivions en septembre à propos de l'« AI Force » annoncée par la Maison-Blanche : l'IA traitée d'abord comme un enjeu de puissance, avant d'être traitée comme un produit à encadrer.

Un détail nuance pourtant ce tableau. La présence du président de la FTC dans le groupe montre que la protection des consommateurs n'est pas oubliée. C'est cette même autorité qui refusait récemment de considérer les agents d'IA comme des acteurs indépendants, comme nous l'expliquions dans notre article sur la responsabilité des agents. Jay Clayton estime d'ailleurs que les lois existantes sur la protection des consommateurs et la responsabilité des produits suffisent à traiter les dommages causés par l'IA.

Ce qu'on retient

En deux semaines, Washington a rebaptisé l'IA, fait signer aux entreprises un engagement volontaire, et confié le dossier au chef de ses espions. La ligne est claire : aller vite, rester devant, et compter sur les lois existantes plutôt que sur de nouvelles règles.

Le groupe a 120 jours pour rendre sa copie. Rendez-vous début février pour savoir ce que la « superintelligence » américaine aura vraiment changé.

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