Lire une explication limpide procure une sensation de compréhension qui disparaît dès qu'il faut restituer quoi que ce soit. C'est le défaut de tous les cours en ligne, et c'était le nôtre. L'Académie Alyriaz compte aujourd'hui 109 exercices où vous produisez quelque chose, et où quelqu'un vous répond.
L'Académie existe depuis juillet. Vingt-trois cours, cent quinze leçons, six niveaux du grand débutant à l'expert. Jusqu'à cet été, on la lisait, et un quiz de quatre questions validait chaque leçon.
Le quiz a un mérite : il est honnête sur ce qu'il mesure. Il vérifie qu'une information est passée. Il ne vérifie pas que vous sauriez vous en servir un lundi matin, devant un vrai problème, avec un vrai budget. Ce sont deux choses différentes, et la seconde est celle qui compte.
Un exercice, en entier
Voici celui du cours sur les agents, niveau intermédiaire. Il est représentatif de ce qu'on cherche à faire.
Chaque lundi, vous relevez les commandes arrivées par courriel pendant le week-end. Pour chacune, il faut extraire le client, la référence et la quantité, remplir une ligne dans un tableur, et prévenir l'atelier si la quantité dépasse le stock. Les courriels sont rédigés librement : chaque client a ses habitudes, personne ne remplit de formulaire.
Trois options : un agent autonome, à qui on décrit l'objectif. Un enchaînement classique qui appelle le modèle à des étapes fixes. Un agent, mais bridé par un plafond d'étapes et une validation.
Prenez trente secondes avant de lire la suite.
Beaucoup choisissent l'agent autonome, et pour une raison qui semble excellente : les courriels sont imprévisibles. C'est vrai. Mais c'est le contenu qui est imprévisible, pas le parcours. Le chemin, lui, est toujours le même : extraire, remplir, alerter. Toujours dans cet ordre, toujours les trois mêmes étapes.
Or c'est exactement la définition du cas où un enchaînement classique bat l'agent, pour dix fois moins cher. On appelle bien un modèle à l'étape d'extraction, là où l'imprévisibilité se trouve, sans avoir besoin d'autonomie nulle part ailleurs.
Le piège de cet exercice n'est pas une mauvaise réponse. C'est un raisonnement qui se tient presque, et qui confond deux choses. C'est précisément ce qu'un questionnaire à choix multiples ne sait pas attraper.
Ce que Mnémosyne fait de votre réponse
Vous écrivez votre arbitrage dans vos mots. Mnémosyne, l'IA du site, le lit et vous répond.
Chaque exercice porte une grille de correction que vous ne voyez jamais. Elle ne reste pas dans la page : elle est appliquée côté serveur. Cela vous évite de pouvoir lire la réponse en inspectant le code, mais surtout, cela permet d'y écrire des consignes précises.
Celle de cet exercice dit, en substance : le point décisif est que le chemin est connu d'avance. Si la personne nomme la confusion entre le contenu et le parcours, sa justification est excellente, même si elle a hésité sur l'option. Et il est demandé de ne pas écrire le code de l'automatisation à sa place.
C'est la différence avec un correcteur automatique : on ne compare pas votre réponse à une réponse type. On regarde si votre raisonnement tient, et on vous dit où il tient et où il glisse. Quelqu'un qui coche la bonne case sans savoir pourquoi reçoit une réponse moins flatteuse que quelqu'un qui se trompe d'option en formulant la bonne intuition.
Trois formes, pour trois choses différentes
Les exercices ne sont pas tous des arbitrages. Il y en a trois sortes, et chacune teste autre chose.
Remettre dans l'ordre. Vous recevez les étapes d'une méthode, mélangées, et vous les ordonnez. C'est ce qui convient quand la connaissance est une séquence : découper un long document avant de le résumer, poser un score de référence avant de modifier un prompt, décider du format d'une vidéo avant de la générer. Une explication suit toujours, et elle porte sur l'étape que tout le monde saute.
L'atelier. Vous écrivez quelque chose de réel : une demande, un gabarit réutilisable, une phrase de transparence pour vos clients. Vous partez de votre semaine, pas d'un cas d'école. C'est la forme la plus exigeante, et de loin la plus utile.
L'arbitrage. Une situation, trois options défendables, et vous tranchez en expliquant pourquoi. C'est celui que vous venez de lire.
Ce qu'il y a autour
Le reste de l'Académie n'a pas bougé, et reste gratuit.
460 questions de quiz, quatre par leçon, pour valider au fil de la lecture. Un glossaire de 133 termes, chacun expliqué en deux phrases avec une analogie du quotidien. Dans les articles, les mots soulignés affichent leur définition au survol.
Et au bout d'un niveau, un examen. Les questions viennent de tout le niveau, sans correction en cours de route, et elles changent à chaque tentative : repasser n'est donc pas réciter. En cas de réussite, vous téléchargez une attestation portant un code de vérification, que n'importe qui peut contrôler.
Cette certification est délivrée par Alyriaz. Ce n'est ni un diplôme, ni un titre, ni une certification professionnelle reconnue. Elle atteste d'une épreuve passée ici, et c'est déjà plus qu'une attestation de présence.
Par où commencer
Si vous n'avez jamais ouvert une IA, prenez le niveau grand débutant : on y ouvre la page, on y écrit sa première question, on y apprend ce qu'il ne faut jamais confier à une machine. Rien n'y suppose que vous sachiez ce qu'est un modèle.
Si vous vous en servez déjà et que vous voulez comprendre ce que vous faites, un test de trente secondes vous recommande votre cours de départ.
Et si vous n'avez que cinq minutes, ouvrez n'importe quelle leçon et descendez directement à l'exercice. C'est la seule partie qu'on ne peut pas survoler.